dimanche 21 octobre 2012

Faye Mullen, vers une esthétique de la disparition

Faye Mullen, une jeune artiste canadienne installée à Toronto, se propose "en chair et en os" au travers de vidéos-performances. Elle y explore sensoriellement la présence et l'absence, ou plutôt le cri de la venue-en-présence et la disparition en douceur, la résorption de l'être, dans une sorte d'érotique de la mort. Elle s'immerge totalement dans un bain lacté, y fait l'expérience du "Fort-da", de l'apparaitre et du disparaitre. Dans un champ de blé, elle apparait lentement puis disparait. Nue à même le sol d'un terrain agricole, un voile vient très...très lentement la recouvrir, puis repart au vent tout aussi lentement pour la découvrir à nouveau. Il s'agit essentiellement d'une exploration phénoménologique des transitions, toute en lenteur et subtilité, dans un art dont l'artiste ressort transformée. Nous sommes dans la même veine que Ulrike Bolenz, Sarah Small et Nadia Vadori-Gauthier. Transformer l'être, jouïr en personne du passage, de l'éphémère. Prendre le temps de la porosité, différer de soi-même et traverser les membranes, écrit Nadia Vadori-Gauthier avec son exploration de la Meute dans l'espace public, combiner des éléments à priori paradoxaux et imaginer des situations troublantes, propose Sarah Small dans ses Tableaux Vivants, peindre la fin de l'artiste, mais une fin dans la délectation de la chute, montre Ulrike Bolenz.
 
N'hésitez pas à parcourir le site de Faye Mullen
 
 

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